• N° 31—Eté 2012

    EDITO

    L’été est maintenant présent, les élections présidentielles et législatives viennent de s’achever… La trêve estivale est donc proche mais nous devons rester attentifs aux propositions, reformes et lois à venir. Si les projet son nombreux pour la délégation (travaux, etc.), l’action majeure du mois de septembre sera le lancement des Etats régionaux de l’inclusion qui doivent permettre concrètement la progression de l’inclusion dans chaque région (voir l’article dans le Zoom n°30 de juin).

    Une première rencontre réunira  en septembre l’ensemble des partenaires de l’APF : associations, professionnels, élus, institutionnels, personnes en situation de handicap et leur entourage, pour revenir sur la notion de projet de vie, pierre angulaire de la loi du 11 février 2005.

    Notre association souhaite aborder et présenter des actions favorisant l’inclusion des personnes handicapées dans la société. Quoi de plus naturel que de partir du projet de vie de la personne qui conditionne son quotidien et les compensations mises en place?  MDPH, conseils généraux, ARS, région, associations représentant tout type de handicap, sociologues échangeront pour tracer des perspectives sur les années à venir.

    Cette journée thématique ne se veut surtout pas théorique, mais bien rattachée à la pluralité du quotidien des personnes en situation de handicap : emploi, formation, scolarisation, vie sociale, affective et sexuelle…

    D’ici-là, nous vous souhaitons un bon été.

    Cédrik CAROTTE

    Directeur de la Délégation

  • ACTUALITES NATIONALES

    Handicap : la feuille de route du président de la République

    « Au moment de l’investiture du nouveau président de la République, l’Association des paralysés de France (APF) tient à souligner ses attentes et priorités pour les prochains mois du quinquennat qui s’ouvre. Alors que le handicap a été absent des débats de la campagne électorale, il est néanmoins urgent d’engager dès le début de ce quinquennat des engagements et des mesures répondant aux situations dramatiques vécues par des personnes en situation de handicap et leur famille.

    L’APF demande au président de la République d’impulser et de préciser la feuille de route qu’il entend donner au gouvernement en matière de politique du handicap, et cela en s’inscrivant dans les orientations de justice sociale et d’égalité prônées par le candidat.

    L’APF est également attentive à la question de la gouvernance de la politique du handicap et veillera à ce que chaque texte de loi comporte un volet handicap, comme promis par François Hollande. L’APF attend également la création d’un Haut Commissariat au handicap.

    Afin de travailler ensemble sur ces sujets incontournables, l’APF demande à rencontrer les nouveaux responsables politiques.

    Accessibilité universelle : l’enjeu majeur pour réussir l’objectif de 2015

    Le président de la République et le gouvernement doivent rapidement définir le cadre et les conditions pour répondre à l’échéance du 1er janvier 2015 sur la mise en accessibilité de tous les bâtiments et des moyens de transports.

    L’APF demande la création d’une Agence nationale de l’accessibilité et de la conception universelle chargée de valoriser et mutualiser les pratiques innovantes, suivre et contrôler les dispositifs publics, élaborer et coordonner les normes et standards et enfin gérer une caisse de financements publics. Au-delà d’un observatoire à l’accessibilité et à la conception universelle, qui par définition ne fait qu’observer, une agence permettrait d’agir concrètement pour la construction d’une France accessible à tous !

    Justice sociale : les personnes en situation de handicap et leur famille concernées

    La crise sociale actuelle n’a pas épargné les personnes en situation de handicap, notamment celles ne pouvant pas ou plus travailler, bien au contraire ! Frappées de plein fouet par de nombreuses nouvelles dépenses, les personnes bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), de pensions d’invalidité ou de rentes vivent toujours largement sous le seuil de pauvreté ! L’APF demande au président de la République d’indexer, dès à présent, l’AAH et des pensions d’invalidité sur l’évolution du SMIC.

     

    L’APF attend également, pour l’été 2012, l’engagement d’une véritable concertation pour la création d’un revenu d’existence égal au SMIC brut, indépendant des ressources du conjoint, et sortant du dispositif des minimas sociaux.

    Le renforcement de la protection sociale constitue également un sujet incontournable pour l’APF qui demande l’évolution du dispositif de politique d’autonomie et de compensation afin de permettre l’élargissement de la prestation de compensation du handicap (PCH) à tous les besoins : domestiques, aide à la parentalité, aide à la communication, etc.

    L’APF attend une meilleure couverture, sur l’ensemble du territoire, en matière d’offres de services de santé et de services médico-sociaux. L’association demande également la suppression de toute franchise médicale et un accès élargi à la CMU-Complémentaire afin de garantir un égal accès aux soins pour toute personne, quelles que soient ses ressources.

    Enfin, les contraintes financières pèsent fortement sur la pérennité et sur l’évolution de certains services sociaux et médico-sociaux. L’APF est particulièrement préoccupée par l’avenir des services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD). En effet, l’APF se bat pour proposer des prestations d’aide et d’accompagnement à domicile de qualité, dont toute personne peut bénéficier, quelles que soient ses ressources, son type de handicap ou son lieu de résidence. Aujourd’hui certains services sont mis en péril, faute de financement par certains conseils généraux. L’APF demande un financement à hauteur des besoins et une révision des modes de tarification pour les structures médico-sociales basée sur l’évaluation des besoins des personnes.

    Jeunes en situation de handicap : l’égalité des chances pour l’accès à l’éducation, la formation et l’emploi

    La jeunesse, l’un des principaux thèmes de François Hollande durant sa campagne, est aussi une priorité pour l’APF. L’association demande au président de la République la mise en place, dès la rentrée scolaire de septembre 2012, d’un dispositif de soutien à tout enseignant qui accueille un enfant ou un jeune ayant des besoins spécifiques, permettant ainsi à tout enfant de bénéficier d’une scolarité dans les mêmes conditions que n’importe quel enfant. Tout enfant ayant obtenu le droit de bénéficier d’un(e) auxiliaire de vie scolaire (AVS) ou un assistant de scolarisation à partir de septembre 2012 doit voir l’effectivité de ce droit garanti dès le premier jour de sa rentrée scolaire !

    Une nouvelle politique de l’emploi doit aussi être mise en place afin de permettre aux personnes en situation de handicap d’accéder au monde du travail. 19,3% des personnes en situation de handicap sont aujourd’hui au chômage, soit le double du taux de chômage de la population active.

    Toutes ces mesures s’inscrivent dans la volonté de justice sociale et de lutte contre l’exclusion dans lesquelles s’est engagé le nouveau président de la République.

    L’APF demande à rencontrer, dès maintenant, les nouveaux responsables politiques afin de travailler ensemble, sur la mise en œuvre de ces dossiers incontournables. »

    Communiqué de presse national – DCDR

  • EMPLOI DES PERSONNES HANDICAPEES

    Refus du transfert de la déclaration annuelle obligatoire d’emploi des travailleurs handicapés.

    Dans un courrier adressé au Ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, Michel Sapin, six grandes associations représentatives des personnes handicapées et de leurs familles (l’APAJH, l’APF, le CFPSAA, la FNATH, l’UNAPEI et l’UNISDA) et six organisations syndicales (CFDT, CFE CGC, CGT, FO, FSU, UNSA) demandent l’abrogation de la partie de la Loi de Finances 2011 qui autorise le  transfert de la déclaration annuelle obligatoire d’emploi des travailleurs handicapés (DOETH) vers l’AGEFIPH, la non publication du décret présenté récemment au CNCPH et, par voie de conséquence, le maintien de la mission de gestion et de contrôle de la DOETH aux DIRECCTE.

    L’ensemble de ces organisations soulignent les conséquences financières d’un tel transfert au détriment des réponses apportées à l’emploi des personnes en situation de handicap et l’impact de la dévolution de missions puissances publiques sur la gouvernance de l’AGEFIPH.

    Les organisations ne peuvent accepter ce transfert de compétences et de charges opéré par l’Etat, de surcroît sans compensation financière, qui fait suite à de nombreux autres engagés au cours des 4 dernières années.

    Dans un contexte de forte progression du chômage des travailleurs handicapés, qui touche désormais près de 300.000 personnes pour un taux de chômage s’élevant à 22%, ces nouvelles charges pesant sur l’AGEFIPH vont entraîner une diminution des moyens consacrés à l’insertion et au maintien dans l’emploi des personnes handicapées.

    Communiqué de presse national DCDR